la contre démocratie : La politique à l’âge de la défiance
Tags: démocratie, démocratie participative, consultation citoyenne
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- 28th Jan 2007
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- 2nd Jun 2007
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PIERRE ROSENVALLON, LA CONTRE DEMOCRATIE
Antoine Pinay, plus tard Georges Balladur; demandaient la confiance et nous voici rendus dans une “démocratie de défiance”. La Contre-démocratie rassemble tous les éléments à l’oeuvre dans cette démocratie de défiance pour les étudier en tant que système politique.
Pierre Rosenvallon constate la corrélation entre la défiance envers autrui et la défiance critique envers les gouvernements ; une statistique citée dans l’introduction montre que le phénomène s’amplifie en Europe du Nord vers le Sud.
Il considère donc de considérer l’érosion de la confiance et n’hésite pas à montrer que la défiance est un exercice vieux comme la démocratie elle-même.
“C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. La vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, parla disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir” Montesquieu, Esprit des Lois, Livre 11, chapitre 4,
De même, il appelle l’économiste libéral Benjamin Constant à témoigner que :
“toute bonne constitution est un exercice de défiance” (Courrier français, 5nov 1829)
Les formes légales doivent, en outre, rester sous la vigilance critique de chaque citoyen, car des injustices peuvent toujours être commises, malgré les garanties constitutionnelles. Constant a d’ailleurs mis ses actes en accord avec ses paroles en intervenant publiquement dans une affaire judiciaire dont il estimait l’issue inique : le procès de Wilfrid Régnault dont l’avocat n’était autre qu’Odilon Barrot, qui se fera connaître sous la Monarchie de Juillet comme adversaire de François Guizot en tant que représentant de la gauche dynastique. L’accusé avait été condamné à la peine capitale pour assassinat. En énumérant les vices de forme, Constant prit à témoin l’opinion publique et obtint (au grand dam des ultras) la commutation de la peine de Régnault - à défaut de la reconnaissance de son innocence. De cette manière, l’écrivain voulut aussi montrer par l’exemple que tout citoyen avait le droit de critiquer une décision de justice qu’il estimait peu convaincante.
Pour ces penseurs, comme pour Ulrich Beck de nos jours, la défiance va de pair avec une société du risque. Comme on a cessé de croire au progrès, on se méfie de l’industrie et de la technologie, a fortiori des politiciens
“Le citoyen, lorsqu’il veut résoudre les problèmes que n’ont su ni prévoir, ni éviter les spécialistes, se trouve à nouveau entre leurs mains. Il n’a d’autres solutions que de maintenir la délégation mais en multipliant les dispositifs pour les contrôler et les surveiller”
On comprend alors le sens de tous ces nouveaux militantismes qui servent soit à attirer l’attention du législateur sur un problème qu’il n’a pas perçu ou sur un autre qu’il a laissé tomber. En ce sens, les actions des Enfants de Don Quichotte, le film Indigènes sont des exemples du nouvel activisme.
