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supersessionisme

Sur un forum, libre sans dieu, Christophe Moreau pose la question du supersessionisme :

Donc tu me propose [sic] que si dieu existe, il est capable de se planter et quand il donne des instructions a [sic] suivre, il ne faut pas les suivre car les instructions anterieur [sic] sont mieux….. oui c´est un peu tire par les cheuveux,[sic] mais alors dis moi, est ce que tu demande [sic] aux chrétiens pourquoi ils croient que la nouvelle alliance est plus vrais [sic] que l´ancienne??

vocabulaire

  • “nouvelle alliance” : se dit du “nouveau testament” dans le christianisme réformateur qui comprend aussi bien des luthéro-réformés (en Europe) que certains catholiques
  • “ancienne alliance” se dit de “l’ancien testament” dans le christianisme réformateur qui comprend aussi bien des luthéro-réformés (en Europe) que certains catholiques
  • ancien testament” : expression atribuée à Marcion de Synope, dont la doctrine rejetait la Bible hébraïque, en fait le corpus biblique du judaïsme qu’il soit en grec (Septante) ou en hébreu.
  • nouveau testament” : de nos jours compend les évangiles (4), les épitres de Paul, les actes des apôtres et les épîtres catholiques. Au temps de Marcion, ce corpus rassemblé sous une même couverture n’existe pas. On peut même dire que l’idée de Canon lui est due.

la nouvelle alliance est plus vrais [sic]

Cette question d’herméneutique est traitée dans un autre article : Croyances athées, (conception de Dieu)

histoire

Le supersessionisme ne peut se comprendre sans son contexte historique, celui de Marcion de Sinope [en]. Marcion de Sinope est le fils d’un évêque en Bythinie. Le terme évêque, à l’époque, désigne celui qui dirige une église locale qui peut être une très petite chose, limitée à une ville.

Son quasi-contemporain Justin de Naplouse connu aussi sous le sobriquet de Justin Martyr participe à la popularisation de la théorie.

Même si Justin exagère dans un but démonstratif ou apologétique, vers 155-161 au moment où il rédige, ses livres évoquent le contexte de tension entre les Sages de Yabneh, pharisiens derniers représentants du judaïsme en train de constituer ce qui deviendra le judaïsme rabbinique, et les groupes dissidents souvent nommés minim parmi lesquels les christiano-juifs. Voici comment il présente les choses. Il écrit que les compagnons de Tryphon parlaient entre eux de la guerre qui se faisait en Judée(Dialogue 9) : il s’agit de la révolte de Bar Kochba.

Justin mentionne aussi la destruction du Temple (Dialogue 16, 2 ; 52, 4) et l’interdiction (135) faite aux juifs d’aller à Jérusalem (Apologie I, 47), à la suite de laquelle les Sages s’expatrient en Perse. De même, il fait état des mesures vexatoires des pharisiens de Yabneh contre les pas encore chrétiens. Les Sages de Yabneh ne comprennent pas ces gens qui annoncent la fin du monde. Justin reproche aux pharisiens d’avoir envoyé des émissaires pour une contre-mission en vue d’enrayer les progrès de ces dissidents qui provoquent les romains dont les pharisiens savent qu’il ne faut rien attendre. Il affirme encore que des calomnies répandues sont à l’origine de préventions gravement dommageables (Dialogue 17 et 93). Justin rappelle aussi l’introduction de la bénédiction (Birkat-ha-minim)sur les minim, en fait une malédiction, qui concerne les am-ha-aretz, les nazoréens et toutes sortes de gnostiques (Dialogue 16, 47, 82). Jésus lui-même est considéré comme maudit (Dialogue 93, 133). Il est aussi question de “chrétiens” mis à mort par les juifs « chaque fois qu’ils en avaient le pouvoir » (Dialogue 133 [1]) et l’on pense à l’activité de Paul.

Il faut ajouter que le judaïsme jouit d’un statut particulier dans le monde romain, celui de religion licita et donc bénéficie des mêmes privilèges d’exercice que la religion romaine. Les premières communautés proto-chrétiennes jalousent ce statut car elles sont décrites comme superstitio, à l’égal des cultes orientaux (Isi, Mithra) souvent portés par les soldats qui ont défendu les marges de l’empire.

doctrine

Le supersessionisme plus souvent nommé “théologie de l’alliance” expose que Dieu a changé d’avis : l’alliance passée avec les fils d’Israël est caduque. Le bénéfice de cette alliance passerait aux chrétiens parce que Jésus accomplit les prophéties de l’Ancien Testament et que “les juifs” ne l’ont pas reconnu. Il en résulterait que le salut ne peut se faire que par la conversion au christianisme.

sources de la doctrine

Quand Marcion arrive à Rome vers 140 pour exposer sa doctrine, il apporte les lettres de Paul qui semblent y avoir été inconnues jusque là. Sa théorie, dans ses très grandes lignes, est un dualisme selon lequel le dieu de l’ancien Testament est un faux dieu violent, un démiurge responsable de la partie matérielle de la création. Il importe donc de rejetter l’Ancien Testament, périmé : l’Alliance avec Israël décrite dans le témoignage (=testament) n’a jamais existé. Au contraire, le corpus d’écritures récentes qu’il apporte, présente un dieu spirituel d’amour et de paix. Le corpus qu’il retient n’est pas anodin. il s’agit des lettres de Paul (il semble qu’il lui attribue plus de lettres que nous) et d’un condensé de l’Evangile selon Luc. Le reste lui semble “trop juif“. Cette définition d’un corpus fermé et limité d’écritures inspirées est l’origine de la réflexion sur la constitution d’un Canon qui saisira tant les églises d’Orient que d’Occident sachant qu’à cette époque, les églises sont indépendantes les unes des autres. Marcion quittera la Ville en 144 excommunié ; il retournera dans sa province où il fondera sa propre église marcionite. A cette époque, l’excommunication n’est valide que dans le périmètre d’une seule église.

Justin est l’inventeur de l’expression Vetus Isrël/Verus Israël. Dans son dialogue avec Tryphon, Tryphon est un rabbin auquel l’auteur explique que la loi de Moïse est abrogée, comme le disent cetaines interprétations de Paul ; ensuite, il entend démontrer la divinité du Christ et de son enseignement ; il conclut de ces éléments la nécessité pour les juifs de se convertir comme les gentils à la nouvelle alliance.

Pourquoi “proto-chrétiens”, “christiano-juifs,” et toutes sortes de reculs devant le mot “chrétien” tout court ? Justin établit des différences entre les divers groupes qu’il connait : certains sont des judéo-chrétiens (de culture juive) qui ne rejettent pas les pagano-chrétiens ni ne cherchent à les convertir ; les prosélytes (candidats au judaïsme) qui rejettent les pagano-chrétiens, des païens convertis aux observances de la Torah. Tryphon, son interlocuteur, versé dans les Ecritures et les interprétations rabbiniques, montre l’ouverture d’esprit d’un juif hellénistique. Tryphon évoque “ceux qui disent que le Christ est un homme et qu’il a été choisi pour être oint”.

Avec le temps, la doctrine évolua pour dire que le christianisme accomplit les écritures anciennes ; en conséquence, les juifs qui récusent la messianité de Jésus perdent leur vocation à l’alliance, de peuple élu. Certains commentateurs disent que cette doctrine repose sur l’idée que les frontières raciales et autres divisions ethniques s’abolissent en Jésus et que l’adhésion à sa personne unit tous les peuples les tribus et les langues en un nouveau corps mystique.

La doctrine, dans ses conséquences qui furent différentes de celles évoquées ci-dessus, sera développée sucessivement

  • par Tertullien (Carthage, né vers 150 ou 160 et décédé vers 230-240)adversus Judeaos
  • répandue par Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople, dans ses sermons au 4ème siècle
  • perfectionnée par par Augustin d’Hippone, (vers 428 Tractatus adversus Judaeos

critique de la doctrine

D’un point de vue théologique, la critique du supersessionisme fait remarquer que l’élection des chrétiens repose sur la promesse faite aux fils d’Israël (B’nei Israel est la façon dont se désignent les juifs dans la première alliance). Ils ne sauraient donc “en Christ” être les seuls bénéficiaires de la promesse faite à Abraham, fût-elle accomplie en Jésus pour reprendre le langage de Romains 11:17. Si les juifs comme ensemble doivent être rejetés, alors l’Eglise (ensemble des chrétiens) est elle-même rejetée faute de base solide pour fonder la promesse qu’elle revendique d’un Messie d’abord promis aux juifs. Cependant, si les chrétiens croient que l’élection de L’Eglise ne saurait être rétroactive, alors l’election d’Israël est récusée alors même qu’elle est sa fondation.

Dans le langage chrétien, élection est synonyme de salut alors que, dans le judaïsme, l’election signifie le choix d’un groupe pour recevoir la loi avec les responsabilités qui en découlent. Dans le supersessionisme traditionnel, l’Eglise remplace le peuple juif dans l’attention de dieu quoiqu’elel soit composée de Gentils qui n’observent pas la loi et se sentent déliés des obligations du judaïsme. Au contraire, le point de vue juif soutient que les prsecriptions de la Torah sont bien suffisantes pour assurer le salut sans qu’il soit besoin de rien lui ajouter. Pour résumer, on pourrait dire que le judaïsme tient debout tout seul tandis que le Christiansime a besoin du judaïsme pour se fonder et, ne serait-ce que dans ses formes les plus traditionnelles, pour s’y opposer.

Pour autant, le courant dominant du christianisme tiré argument de ce qu’on nomme traditionnellement “le concile de Jérusalem” pour dire qu’il n’était pas nécessaire de devenir jiuf pour assurer son salut et se lancer dans des campagnes de conversion des juifs.

dispensationalisme

Au cours du 20ème siècle, le supersessionisme a perdu de sa force, y compris dans les églises évangélicalistes américaines, au travers de l’influence du dispensationalisme. La position théologique du dispensationalisme est assez amusante. Elle déclare que le peuple juif retrouvera sa qualité de peuple élu dans les mêmes termes qu’avant la venue du Messie dans une prochaine restoration ; en attendant son retour, ils jouissent de la faveur du dieu.

De nombreux groupes évanglicalistes et conservateurs renoncent au supersessionnisme tout en affirmant que Jésus est la seule voie de salut.

Restaurationisme

Cette théologie connaît une grande vogue dans les courants évangélicalistes les plus conservateurs. Elle considère que les prophéties de l’Ancien testament en faveur d’Israël seront accomplies par la création de l’Etat d’Israël quand tous les juifs seront de retour en leur patrie. En dernier lieu seulement, ils devront accepter l’évangile du Royaume.

L’opinion dominante de ceux qui adoptent cette doctrine consière que les juifs ne peuvent être sauvés comme individus au sens de Romains 11 mais comme nation. C’est la nation comme communauté qui est bénie et donc, par ricochet, son gouvernement.

ECAR

Le supersessionisme fut longtemps l’affaire “personnelle” de l’église catholique apostolique et romaine. Au concile de Florence, au 15ème siècle, elle déclare que:

Les Juifs sont destinés au feu éternel préparé pour Satan et pour ses anges si consciemment, ils refusent d’embrasser la religion catholique romaine.

Le magistère romain enseigna cette doctrine des siècles durant et le pape Pie XII réaffirme cette doctrine dans l’encyclique Mystici Corporis du 29 juin 1943 :

D’abord la mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l’Ancienne Loi abolie ; c’est alors que la Loi du Christ, avec ses mystères, ses lois, ses institutions et ses rites, fut sanctionnée pour tout l’univers dans le sang de Jésus-Christ. Car tant que le divin Sauveur prêchait sur un territoire restreint - il n’avait été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël - la Loi et l’Evangile marchaient de concert ; mais sur le gibet de sa mort il annula la loi avec ses prescriptions , il cloua à la Croix le ” chirographe ” de l’Ancien Testament , établissant une Nouvelle Alliance dans son sang répandu pour tout le genre humain. “Alors, dit saint Léon le Grand en parlant de la Croix du Seigneur, le passage de la Loi à l’Evangile, de la Synagogue à l’Eglise, des sacrifices nombreux à la Victime unique, se produisit avec tant d’évidence qu’au moment où le Seigneur rendit l’esprit, le voile mystique qui fermait aux regards le fond du temple et son sanctuaire secret, se déchira violemment et brusquement du haut en bas

Tout au long du 20èm siècle, des théologiens s’élevèrent contre cette théologie affirmant que la Torah était toujours valide et que le sjuifs des temps modernes étaient la continuation sans rupture de la lignée des fils d’Israël. Toutefois, si au temps de Jean-Paul II, la maxime tridentine “Extra Ecclesia nulla salus”, on note un glissement sémantique vers une autre maxime “Sine Ecclesia nulla salus” selon laquelle seule la présence de l’ECAR dans le monde rend possile le salut. La déclaration Dominus Jesus (2000) atteste ce point de vue en dépit de Lumen Gentium qui évoquait des voies extraordinaire de salut hors de l’ECAR, selon l’éclairage de la consience du croyant, impliquant l’isolement et une extraordianire ignorance que l’ECAR est la voie ordinaire de salut (Théorie des chrétiens anonymes de Karl Rahner s.j.).

position actuelle des églises

ECAR

Les projets de texte sur les rapports historiques de l’église catholique et des Juifs, sur leur culpabilité de “déicide“, ont subi de nombreuses modifications au cours de la période de septembre 1963 à fin 1964. « Le Decretum de Judaeis de la période préparatoire (…) avait été écarté en juin 1962, principalement à cause des réactions politiques arabes, que craignait la Secrétairerie d’Etat et qui s’étaient d’ailleurs déjà manifestées ». Par exemple, «les Pères melkistes s’écartèrent sensiblement des orientations de l’aile rénovatrice, en faisant prévaloir les raisons de la société arabe et la préoccupation de protéger les minorités chrétiennes dans les pays musulmans ». Le cardinal Bea emporta finalement le morceau. Nostra Aetate (Concile œcuménique Vatican II 28 octobre 1965.) revient fermement sur cette position :

l’Eglise qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Evangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d’antisémitisme qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.

Peu après, l’église catholique finalise cet abandon de l’antisémitisme par le retrait de l’expression juif perfide des prières du Vendredi saint.

D’autre part, la repentance du 12 mars 2000 insiste sur la responsabilité de l’église catholique dans les persécutions contre les juifs. Quelques-uns, autour de Hans Küng (Le Monde des Religions, septembre 2003.) considèrent la repentance du 12 mars comme un joli geste médiatique qui n’a pas été suivi d’actes majeurs tendant à la concrétiser à l’exception de l’abandon de la théologie du Vetus Israël/Verus Israël déjà initiée par l’historien Marcel Simon. La repentance précède de peu le voyage de Jean-Paul II à Jérusalem. Elle ajoute un nouveau grief entre la Fraternité Saint-Pie-X, aile fondamentaliste et schismatique de l’ECAR, désormais sédévacantiste.

protestants libéraux

La plupart des églises se réclamant du protestantisme libéral se sont affranchis du supersessionisme depuis le 19ème siècle. Ce courant considère que le judaïsme est une voie de salut tout à fait valable et que, peut-être même le salut opurrait-il s’étendre non seulement aux non-chrétiens masi aussi à bien d’autres religions et même, pourquoi pas ?, aux athées. On connut même pendant un temps de la 3ème République, un front commun entre le protestantisme libéral et le judaïsme libéral dans une action en faveur d”une “morale indépendante“, comprendre une morale laïque. Les personalités les plus engagées dans cette action franco-belge furent Ferdinand Buisson, président de l’association nationale des libres penseurs et fondateur de la ligue des droits de l’homme et pour cela prix Nobel de la Paix (1927) et Elie-Aristide Astruc, rabbin de la synagogue libérale à Bruxelles

Conclusion

Marcion rejette l’Ancien Testament ce qui fondera le rejet des juifs comme nation puis comme individu. Mais où Marcion pouvait-il trouver matière à rejeter ll’AT ? Peut-être, chez Hécatée d’Abdère ? Celui-ci accusait la loi Mosaïque de misanthropie au 2ème siècle avant l’ère commune.

La multiplication des traités contre les juifs, écrits par les pères de l’Eglise, sont à la racine de l’antisémitisme chrétien. Déjà, répondant à Drumont, Bernard Lazare, le montrait dans son ouvrage de 1894, “L’antisémitisme, son histoire et ses causes”, en pleine Affaire Dreyfuss

S’informer

  • Gedaliahu G. Stroumsa” Vetus Israel ” : Les Juifs dans la littérature hiérosolymitaine d’époque byzantine, Revue d’histoire des religions. Février 1988

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