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Et Il les bÚnit pluralisme
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TROUBLANTE RENCONTRE

 
Hervé Boulic et le Mulot se rencontrent autour de l'idée de doctrine, de croyances, de dogmes, auxquels Le Racoon ajoute l'idée de pluralisme.
 

Idoles, substance et accidents

Foi et croyances

Mardi, 12-Jan-99 Mercredi, 13-Jan-99
"Si le symbole est Jésus lui-même, il ne peut être une idole... L'eucharistie n'enferme pas le Christ" Bien sûr que s ! Enfermer l'hostie dans un ostensoir qu'on brandit et qu'on promène sous un dais, qu'est-ce donc sinon un culte idolâtre du symbole ? Je n'ai jamais pu, depuis ma plus tendre enfance, participer à ce genre de....machin, vaguement sacrilège à mes yeux : pour qui nous prenons-nous, si nous croyons vraiment à la présence réelle du Christ dans l'hostie, pour s'arroger le droit de se l'approprier ainsi, d'en faire une chose qu'on manipule et qu'on exhibe ? Nous respectons assez le corps de ceux que nous aimons, vivants ou morts, pour les traiter avec d'autres égards. Il y a là une logique qui m'échappe. Peut-être, au fond, ne suis-je pas catholique ? :-))) Ainsi vont les croyances, par rapport à la foi : on en dresse une liste. Soit on adhère à ce programme, soit l'intime conviction de l'un ou d'un autre dit non. Les croyances, souvent appelées dogmes ou doctrines, quand elles sont estampillées par une autorité religieuse, sont l'expression de points de vue sur la foi à un moment donné. La plupart du temps, au moins dans le christianisme, elles sont le fruit de négociations politiques voire de guerres entre diverses tendances, visant à déterminer qui est membre et qui ne l'est pas. Cette expression est subordonnée dans sa forme, dans ses mots, à la culture, civilisation donc aux "catégories" de l'époque qui les engendre. Quelquefois, l'obscurité en fut savamment dosée afin de préserver le pouvoir d'une classe cultivée qui a disparu, qui a évolué, qui s'est étendue.
Ce que j'essaie de mettre en évidence, c'est le détournement du signe. L'Evangile nous confie un mémorial, nous en faisons un culte. Et que dire de la dévotion catholique aux "trois blancheurs" parmi lesquelles l'hostie ? On n'est pas obligé de tout placer sur le même plan et de dèfendre toutes les dèviations dont l'histoire a accouché, pas plus qu'on est obligé de trimballer ad vitam Šternam des catégories philosophiques obsolètes. Parler aujourd'hui de "substance" et "d'accidents", c'est à coup sûr renoncer à situer sa réflexion et sa communication au coeur de la culture contemporaine. Se cramponner aux croyances, comme on le fait quand on les déclare "article de foi", que tout ce qui diverge de leur énoncé classique, les vilipende, ou les ridiculise, c'est confondre l'accessoire avec l'essentiel.
C'est comme la reconstitution d'une habitation médiévale : intéressant à visiter, mais on n'aimerait pas y vivre aujourd'hui. Bien entendu, la conservation d'un patrimoine d'images, comme de rituels et de manifestations familières dans l'expression de la Foi de chacun est indispensable, sauf à être déraciné. Il faut encourager le re-examen dans le contexte de la culture et de langue d'aujourd'hui comparé au contexte et à la culture d'origine. Pour autant, ce patrimoine doit être subordonné à l'essentiel de sa foi, chaque jour à découvrir, par la rumination des Écritures.
Hervé BOULICLe Mulot
 

Croire et comprendre

Mercredi 8-fév-99
Je suis catholique romaine. Je suis tombée dans la marmite quand j'étais toute petite, je n'étais pas encore déclarée en mairie le jour de mon baptême ! Ainsi, je ne me souviens pas avoir cherché Dieu, il a toujours été là, comme une évidence.
Ce qui ne m'empêche pas de vouloir en savoir le plus possible sur Lui : Dieu n'est pas un objet dont on peut faire le tour, ni un magasin dont on fait l'inventaire, mais un être, et on n'a jamais fini de connaître un être. Pour cette connnaissance, j'use de l'intelligence que Dieu lui-même m' a donnée pour cela. Un de mes professeurs de philosophie soutenait qu'aucune question n'est inaccessible à la raison humaine, pour peu qu'elle s'en donne la peine, alors que d'autres professent qu'il en est d'inaccessible pour leur raison. Je suppose donc qu'ils ne parlent pas de la même chose, ou qu'ils n'ont pas fait sérieusement l'effort nécessaire. Ce n'est pas que je me vante d'avoir résolu le mystère de la Trinité, mais du moins je me représente nettement les termes du problème, et en quoi il dépasse la logique humaine, qui est à l'image de celle de Dieu, mais qui n'est pas celle de Dieu. C'est ce que j'appelle passer le dogme au filtre de ma raison, encore que la comparaison soit mauvaise, car le filtrage suppose un rejet, alors qu'en fin de compte, je retiens tout. Je veux dire par là que j'examine la question pour la comprendre (du latin comprehendere : saisir, embrasser) par moi-même, et non parce que c'est comme ça, point trait. En résumé, je veux savoir ce que je crois. Cela a déjà été dit : credo ut intellegam, intellego ut credam (ou l'inverse, l'ordre des facteurs ne modifiant pas le résultat !) Cette quête ne va pas sans confrontation, déjà au sein même de mon Église ou les interprétations de l'Écriture peuvent diverger. Je trouve cependant bien plus enrichissante la confrontation avec des croyants d'autres confessions, dont le point de vue m'ouvre des perspectives parfois inattendues sur mon propre horizon (ça suit, là, la métaphore ? :-)). D'aucuns, me voyant manier des concepts hérétiques en concluent trop vite que je les fais miens, et me menacent de la colère de Dieu (rien que ça !). Soyons clairs : je ne professe aucune hérésie, je reconnais l'Immaculée Conception (celui-là, il m'a donné du mal, fillette, je trouvais que Marie était rien qu'une sale tricheuse ! ce qui est d'ailleurs la raison pour laquelle Byzance rejette ce dogme...), par contre je ne vois pas comment ayant admis que Dieu a fait le Ciel et la Terre (mince de boulot tout de même), il ne pourrait pas faire avec une femme ce qu'un simple mortel, Jean Rostand, a réussi avec des grenouilles ! Dieu est Dieu, nom de Dieu, disait feu Maurice Clavel ! -probablement d'ailleurs à propos d'autre chose... Je cite là deux questions qui excitent beaucoup nos contemporains, je me demande bien pourquoi, vu que Marie n'est pas le poto-mitan de la foi ! (Poto-mitan, mot créole signifiant pilier central, principal support.) Donc, je ne professe aucune hérésie (enfin, j'espère...), mais je ne permets pas de menacer de l'enfer ceux qui ne pensent pas comme moi. Je trouve même qu'ils me rendent un immense service en m'obligeant à refléchir à ces questions, à clarifier ma pensée, à me documenter, à repenser ma foi, qui n'est jamais un acquis définitif mais un chemin à parcourir. Bref, les hérétiques me font progresser dans la foi, ils sont les intruments de la Grâce, et on n'envoie pas en enfer les instruments de la Grâce.
Le Racoon du Parvis
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Hervé Boulic
 
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Troublante Rencontre

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